« De la boue sous le ciel »

 

Trois artistes au service de la mémoire, de la poésie et de la musique

 

En cette journée de mémoire du 11 novembre 2004, 96 ans avant le centenaire du « Cessez-le-feu » de la pierre d’Haudroy, s’il est possible d’évoquer, dans toute la Thiérache, une réelle multiplication des cérémonies du souvenir. Il en est une, qui, peut-être sans en avoir l’air, s’est appliquée à préserver la mémoire du Poilu, il s’agit du concert proposé mardi soir, salle de l’Eden, par François Guernier, Caroline Varlet et Rémi Cadret..

_A9C8906Dans un décor sobre, où la lumière des spots se laisse tamiser par une fumée qui anime, à elle seule, le fond de la scène, les mots assemblés dans des poèmes de Paul Verlet, Eugène Capdeville, Claire Virenque… viennent s’associer à la voix et à la musique, pour faire revivre un univers de souffrance et de peur, mais surtout, et avant tout, de vie.

A la guitare, François Guernier propose chaque œuvre dans un style original, un peu comme une histoire dans l’histoire. Avec humour parfois, avec intensité, toujours et avec le plus grand respect, des moments de vie des Poilus sont déclinés en chanson et offerts au public. A l’accordéon et au clavier, Caroline Varlet vient soutenir une image d’un triste vibrato ou éclairer un rayon d’espoir d’une note limpide du Glockenspiel. Comme le liant de ce trio, la contrebasse de Rémi Cadret apporte une surprenante réalité à l’ensemble donnant parfois, dans des tonalités graves tout le poids de la misère des Poilus ou de la boue des tranchées.

Après, pour la plupart, avoir beaucoup apprécié l’interprétation de « Le copain », « La chanson de Craonne », par François Guernier, sur la place Victor-Hugo, ou « Le quinconce des Croix » au cimetière devant l’Ossuaire roumain, ils étaient quelques 100 spectateurs à avoir souhaité prolonger cette soirée avec la musique et l’invitation de ces trois artistes dans la salle de l’Eden. Ils ont eu droit à une seconde version de ce cri de révolte d’êtres humains qui avaient été portés, dans le contexte de cette horrible guerre, aux limites du tolérable. Sans doute la raison de son interdiction, à l’époque.

_A9C8914De la qualité à l’expressivité des poèmes soutenus par un rythme et une musique tout aussi précise, de L’embusqué à Qui qu’a des poux, de L’ogresse au Copain, ou de La jeune infirmière au Calme imparfait… « De la boue sous le ciel » a souligné tout autant la lumière du soleil, que le poids de la pluie ou la tristesse de la neige, le long d’un voyage original au pays de la mémoire, du souvenir et de l’hommage. Distant aujourd’hui de près d’un siècle.

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