Tchéky Karyo et la Comédie de Picardie

 

Au contact du public pour le récit d’une fracture

 

Les Transfrontalières ouvraient les portes de la salle de l’Eden, jeudi soir, sur un spectacle pour le moins original. C’est une « presque première », à Hirson, que proposaient Jean-Luc Revol, metteur en scène, Tchéky Karyo, récitant, Edmund Hastings, Edward Lidall et Michael Foyle, musiciens : une création de la Comédie de Picardie d’après l’ouvrage « Les poètes de la Grande Guerre », de jacques Béal.

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Nicolas Auvray, directeur de la Comédie, de Picardie et Jean-Jacques Thomas ont présenté cette création.

Après une première rencontre avec les planches à Amiens, le 15 novembre, « Où donc est tombée ma jeunesse » s’est offert le cadre de la salle de l’Eden et le soutien d’un nombreux public, venu presque au contact de la scène. De la Marseillaise et de la fleur au fusil d’un été 1914 où la revanche patriotique domine, au désespoir, au froid, à la boue des tranchées, à la mort inhumaine… dans un décor toujours original, parfois surprenant, créé par l’University for the creative art de Rochester, Angleterre, le comédien et les musiciens ont déroulé le fil du temps dans un rare mélange qualitatif de poèmes et d’œuvres musicales : chansons populaires et airs de l’époque.

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L’Eden affichait salle comble

Pour passer de l’ombre à la lumière, du désespoir à la lutte pour la vie, une véritable symbiose a su naître entre les hommes, les mots, la musique et les décors… tous ces éléments jouant en faveur de l’originalité, sûrement, mais d’abord et avant tout de la vérité historique et de l’évaluation concrète de ce fou, sinistre et vaste cataclysme qui a détruit l’Europe au début du XXème siècle. Plus surprenant, encore, Tchéky Karyo, le récitant, soulignait à la fin de la représentation ce contact proche, presque fusionnel avec le public pour évoquer pourtant une fracture, celle d’abord de ce départ en chantant pour une guerre vite devenue une mangeuse d’hommes, celle ensuite de cette condition hors du temps et des êtres aimés imposée aux Poilus pendant que la vie continuait ailleurs, celle de ce désespoir où la mort elle-même n’était pas respectée ou enfin de cet espace temps où la fragilité de l’homme face à l’industrie de guerre ne lui laissait espérer qu’un temps de survie avant une fin programmée.

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Le ténor Edmund Hastings dans un répertoire d’époque

En quelques instants, effectivement, le public et la scène ont semblé, jeudi soir, ne faire plus qu’un, aidés dans cette fusion par des mots retrouvés ou une mélodie connue. Au final une masse d’applaudissements s’est partagée entre tous, pour un même plaisir consommé. Redevenus des frères d’armes le temps d’un spectacle, Français et Anglais vont partir en compagnie d’ « Où donc est passée ma jeunesse » pour une tournée dans toute la Picardie, puis l’Angleterre. Un voyage qui se promet d’être très beau.

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Au final, une masse d’applaudissements s’est partagée entre tous.

 

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