Raconter une vie de cancre

Et donner l’envie de lire

Ils se sont d’abord croisés deux fois sur le Festival d’Avignon. Pour cette seconde fois, ils se sont parlés et ont évoqué leur destin commun… « Ils », ce sont Daniel Pennac, auteur notamment de « Chagrin d’école » et de « Comme un roman », et Bernard Crombey, le créateur et acteur de la pièce devenue référence « Motobécane ».

Et tout naturellement, cette fusion de points communs est d’abord devenue un échange avant de faire naître une question. Paraissait-il possible, aux deux protagonistes de cet échange de parvenir à extraire une pièce de l’œuvre de Pennac ? Une sorte de monologue ou chacun reprendrait son bâton de pèlerin, sa voix, pour finalement en revenir à la source : une relation aux autres. Le premier a enseigné en tant que professeur de lettres et écrit, le second joue et écrit.

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Le contexte d’une création était né. Sa « première » était promise à Hirson. Les spectateurs l’avaient compris, ils ont répondu, en masse vendredi soir, à Bernard Crombey, Daniel Pennac et à la Comédie de Picardie pour ce rendez-vous organisé dans la salle de l’Eden. Sur scène, l’acteur ne se contente pas de mettre en valeur le texte de Pennac, il en endosse le costume, en crée le décor, en embrasse à la fois les plaisirs, les craintes, les rejets. Cet espèce d’impuissance à apprendre, à retenir, à réfléchir même, qui marque les différences de ce presqu’handicap… L’effet est d’emblée surprenant   accaparant, l’inquiétude ou le fatalisme, le désespoir ou la découverte… sont immédiatement partagés par le spectateur.

_A9C2536Bernard Crombey n’invite pas et ne s’assimile pas seulement à cette vie de cancre. Il fait partager l’univers d’une classe. Celle d’un enfant qui ne connaît aucune réponse. D’une famille, celle du même enfant qui ne trouve pas les solutions et enfin celle d’un jeune professeur de lettres qui, fort de son expérience, pose les bonnes questions, conseille les meilleurs orientations et surtout ouvre des portes. Des ouvertures vers un monde de l’écriture ou de la lecture adaptées à chaque élève. Un monde où il se retrouve, grandit et s’élargit une fois la porte passée.

 

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Cette même porte, à sa façon, en a fermé une autre. Un véritable morceau de bravoure qui inaugure cette pièce, en définit à la fois un contenu fait d’angoisse et d’humour. Lisons son bulletin scolaire… « Elève gai, mais triste élève. Dessine partout sauf en classe de dessin. Dernier en histoire mais avant dernier en géographie. Le plus rapide à la course à pied, manque toujours le départ. En chute libre, aucun parachute à l’horizon ».

Cette angoisse disparaît à la fin pour ouvrir les portes de la connaissance. Du hasard, aussi. Mais surtout de la toute la dimension d’une vie.

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