ACCEPTER L’EXIL POUR MIEUX SURVIVRE, UN LONG ET INDISPENSABLE COMBAT.

 

ACCEPTER  L’EXIL POUR MIEUX  SURVIVRE, UN LONG ET INDISPENSABLE COMBAT.

Comment porter ou assumer quatre générations de femmes. La première polonaise avait quitté son pays pour un exil prometteur en Argentine. La seconde, également pour échapper au dictateur, se réfugie en France. La dernière sera la nouvelle qui profitera, bien entendu d’acquis, qui valorisent cet enchaînement de ruptures d’avec sa terre et ses racines… Mais soulignent cette multiplication de fractures.

L’accès à l’éducation, une certaine forme d’égalité – quand il ne s’agit pas d’obtenir ou de renouveler un permis de séjour – un choix de vie et une orientation professionnelle où le numerus clausus n’existe pas… Une simple promenade dans le bois de Vincennes, au milieu de ces chênes majestueux dont la sagesse s’exprime en siècles, suffit à une mère d’entendre différemment la question de sa fille. « Qu’est ce que je ferai plus tard ? ». L’interrogation est simple. Mais la mère, devenue presque « génétiquement » expatriée ou exilée, l’envisage avec douleur, beaucoup plus largement.

Depuis son départ d’Argentine, dans un pays ou l’hiver est l’été, où la grandeur de la nature et du paysage n’ont d’égal que sa beauté, où la culture évoque au quotidien la chaleur et les coutumes de l’Espagne, où sa propre grand-mère avait su reconstruire une vie, l’héroïne de cette pièce, qui souffre d’un manque et d’un vide devenus chroniques se souvient. La dictature, les disparus… fuir semblait être devenu, à nouveau une solution de survie ou de protection de ces acquis. Mais à quel prix.

Si la question du passé, de ces évènements politiques qui ont brisé tant de vie se pose constamment. Celle de l’avenir de la dernière génération, celle qui sera le début d’une autre continuité, reste constamment soutenue dans les propos de l’actrice. Au fil des souvenirs, des rencontres, des voyages… un peu plus de cinquante années ne seront pas suffisantes pour effacer de telles cicatrices.

Merci à Marina Tomé pour la qualité de son récit et cette invitation à la réflexion. Dans la salle de l’Eden, jeudi soir, devant un public malheureusement trop peu nombreux, cette histoire est sortie d’une mise en scène des plus sobres, signée Anouche Setbon. A un moment où à nouveau, dans de nombreuses régions du monde la question de la survie pose aussi celle de l’exil, cette réflexion pouvait pourtant paraître nécessaire. Ne serait-ce que pour simplement rappeler que chaque individu, lancé sur le chemin, vit une tragédie dont la multiplication ne limite pas la gravité. Mais au contraire, l’augmente.

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