Archives de Catégorie: Commémorations Centenaire 14-18

19/09/2015 – Avec Kit Armstrong, joyeux noël… en septembre

Samedi 19 septembre à 20h30           

Eglise Sainte-Thérèse – Hirson

10€ et 2€ – navette – tambour

Concert-projection

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 Kit Armstrong

 

PROJECTION DE SCÈNES DU FILM « JOYEUX NOËL » AVEC LA PARTICIPATION DE LA CHORALE DES ÉLÈVES DE L’ÉCOLE MUNICIPALE DE MUSIQUE

En ce premier hiver de guerre, au moment où la mort s’installe sur un front qui se fixe dans la boue des tranchées, l’humanité parvient en ces soirs de Noël ou de Réveillon à reprendre le dessus ne serait-ce que quelques instants.

Ici ou là, en décembre 1914, ou au tout début de 1915, des fraternisations s’opèrent sur le front. Ce thème a inspiré le film de Christian Carion « Joyeux Noël ». L’an dernier, le 26 décembre, la ville de Cologne choisit Kit Armstrong pour marquer le centième anniversaire de ces rapprochements.

Dans le cadre des animations du centenaire à Hirson cette fois, Kit Armstrong et le Quatuor Szymanowski reprendront leur programme enrichi de la projection de scènes de « Joyeux Noël » et de la reprise de thèmes musicaux du film par la chorale des élèves de l’école de musique : « Adeste fideles », « Douce nuit » et « I’m dreaming of home » évidemment accompagnés au piano par Kit Armstrong.

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20/09/2015 – « LE CABARET DE ZELIE » Chante l’amour, la mort, l’espoir et le désespoir

Dimanche 20 septembre – 14h   

Florentine – Buire

GRATUIT

Samedi 17 octobre – 20h30

Salle de l’Eden – Hirson

GRATUIT

 Sans titre

 

SPECTACLE THÉÂTRAL ET MUSICAL – COMPAGNIE « LES MUSES S’Y COLLENT »

Durant la première guerre, face à la censure, la chanson constitue un vecteur et un commentaire de l’information.

En 1915, le front s’installe dans la souffrance. Pendant que les Poilus meurent dans les tranchées, à l’arrière, la vie continue. Karine Tassan et Philippe Rak évoquent cette époque durant laquelle les drames n’empêchent pas de chanter l’amour, l’espoir, la revanche, les privations, le désespoir ou la mort.

Piano-chant : une époque revit à travers les évocations d’un militaire dans sa tranchée et d’une chanteuse de cabaret.

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Avec : Karine Tassan (chant) et Philippe Rak (piano)


20/09/2015 – Face à la Florentine, l’autre rendez-vous de Kit Armstrong avec l’histoire

Dimanche 20 septembre à 15h           

Rotonde-Florentine – Buire

Gratuit

Journée du patrimoine

Exposition SNCF – Concert

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JOURNÉE DU PATRIMOINE – FACE A LA FLORENTINE, L’AUTRE RENDEZ-VOUS DE KIT ARMSTRONG AVEC L’HISTOIRE.

 

Son récital dans le cimetière hirsonnais, au milieu des tombes russes et allemandes, avait conquis un public ému. Cette fois dans le cadre des journées du patrimoine, l’histoire a, une nouvelle fois, rendez-vous avec Kit Armstrong à l’initiative du chemin de fer.

Devant la Tour Florentine, l’artiste a également choisi d’associer la première guerre mondiale et le passé ferroviaire en interprétant la sonate, de Kelly, pour violon et piano, du compositeur australien, mort dans les combats de 14-18.

Sur le site, le jeune artiste sera accompagné d’Agatha Szyczewska et de Grzegorz Kotow, les deux virtuoses du quatuor Szymanowski.

 

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05/10/2015 et 06/10/2015 – 14-18 : Les femmes font front

Lundi 5 octobre 2015 à 13h45

Mardi 6 octobre 2015 à 13h45

Représentations scolaires

Mardi 6 octobre 2015 à 20h30

Séance publique

Salle de l’Eden – Hirson

10 et 2€

Spectacle théâtral et musical – navette – tambour

 

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RÉCIT D’UN AUTRE FRONT.

Durant la guerre, les femmes ont tenu une place autant essentielle que méconnue.

La compagnie « Les muses s’y collent » s’est penchée sur la condition féminine. Elle a sélectionné un certain nombre de texte d’époque pour construire un spectacle en paroles, en chansons et en humour. Nombre de situations quotidiennes vécues par les femmes y sont évoquées : de la simple contrariété à la surcharge de travail, en passant par les drames et les tragédies.

Mise en scène : Isabelle Silvestri

Avec : Mathilde Ryelandt et Karine Tassan


15/11/2015 – Dans le vif

Dimanche 15 Novembre 2015 à 16h00

Théâtre Jean Ferrat

Réservations à l’Office du Tourisme au 03.27.61.16.79 – Carte Tambour 5 € et 2 €

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                            « DANS LE VIF »

                             de Marc Dugowson

 

 La pièce « Dans le Vif » retrace l’histoire d’un jeune paysan breton, Jules-Etienne Scornet. Il nait en 1890 sous une mauvaise étoile (mère morte en couches, père peu aimant, éducation confiée à un homme d’Eglise hypocrite et pervers).
Élevé sans tendresse, il ne trouve d’apaisement que lorsqu’il se marie. Mais nous sommes à l’été 1914 et Jules-Etienne est mobilisé. Heureux d’aller se battre pour la France, il est persuadé, comme bien d’autres, que la victoire n’est qu’une question de jours… Au front, il découvre une toute autre réalité : terré au milieu des tranchées froides et incertaines, embarqué dans une camaraderie de circonstances, il est horrifié devant le sordide spectacle des obus qui explosent et mutilent des vies. Confrontés à cette extrême brutalité, lui et ses camarades sont peu à peu dépossédés de leur existence et de leur humanité. Verdun, la Somme, Verdun à nouveau : Jules-Etienne voit sa vie se désagréger lentement, au rythme des batailles…

La pièce est écrite dans une langue tour à tour brutale, comique, truculente, populaire. Elle redonne voix aux oubliés de l’histoire.

L’auteur, Marc Dugowson, reçoit en 2003 une bourse Beaumarchais pour l’écriture de « Dans le vif » et il obtient en 2005 le premier Grand Prix de littérature dramatique pour cette même pièce.

La compagnie Anouk a le plaisir de vous proposer ce spectacle dans une adaptation et une mise en scène de Guillaume Desmarchelier.

La pièce est interprétée par des comédiens amateurs qui ont répondu avec enthousiasme à l’appel de la municipalité d’Eppe Sauvage de présenter un spectacle dans le cadre de la commémoration du centenaire de la première guerre mondiale.

Ce spectacle a été présenté à l’auditorium du ValJoly les 13 et 14 septembre 2014 et au Culturex de Solre-le-Château le 4 avril 2015.

A noter que certains propos de la pièce peuvent heurter les jeunes enfants


Un concert qui affirme l’originalité

 

Sur le thème de l’eau

IMG_6624« Saison grippale » ou « malchance » oblige, ce second mot d’ailleurs n’est sûrement pas de bon aloi. Mais la formation, pour ce rendez-vous en Thiérache, a dû faire face à l’absence de Charlotte Riedijk. Marijje van Stralen, soprano hollandaise formée au conservatoire d’Amsterdam, puis au Curtis Institute of Music de Philadelphie et avec Bill Riley à New-York a pu la remplacer, avec bonheur.

 

 

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Quoi de plus efficace que de démarrer une première partie sur le thème de l’eau avec Haendel et la Water Music. Et au milieu de ce feu d’artifice de notes et de rythmes, choisir la suite N°3 en sol Majeur… Le public, qui avait fait salle comble, était d’emblée placé sous le charme.

 

 

 

Dans une forme épurée, mais en gardant toutes les obsessions poétiques et répétitives du compositeur, de cette « Pluie de larmes », aux détours et aux rapides du ruisseau de « La truite », sans oublier le lancinant mais dynamique « Rouet de Marguerite », l’orchestre a su encadrer la magnifique interprétation de la soprane, un peu comme un écrin porté dans l’espace par la puissance d’une eau aussi pure que domptée : une véritable surprise. Ces lieder de Schubert ont fait l’objet d’une réinterprétation qui représentait, en elle même, une découverte.

_A9C6495Des airs populaires à Mozart

IMG_6639Après l’entracte, la « Suite des airs populaires anglais » de Britten, ouvrait la seconde partie de ce concert. Là encore, le public, a pu retrouver toute la sonorité et la richesse des airs traditionnels de la Grande-Ile, au long des cinq mouvements de cette œuvre toujours changeante.

Enfin, la fluidité, le jeu et toute la dynamique de Mozart sont venus achever cette soirée, apportant toutes les bougies et les lumières de ce trentième anniversaire. Originalité ou pas, du pupitre des percussions aux bois et hanches, sans oublier les cors, les trompettes ou les cordes, de la contrebasse aux violons, le programme de cette soirée a offert son heure de gloire, de Haendel à Mozart, à chacun des pupitres. Gageons, que cette démarche n’est pas seulement le fruit du hasard. Mais aussi celui de la volonté de Arie van Beek qui a associé, à la finesse de son interprétation la mise en valeur de toutes les qualités de sa formation. De quoi attendre avec impatience le prochain rendez-vous fixé localement avec l’orchestre de Picardie pour le 26 juin, en compagnie, cette fois, de Kit Armstrong.

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L’Eden en musique avec Picardie Mouv’9

 

Le Métal de Sidilarsen élargit son public

Incontestablement, le noir et les décibels avaient rendez-vous, samedi soir, dans la salle de l’Eden. Dans l’un des styles originaux des Transfrontalières, la scène occupait seule la place, laissant un maximum d’espace libre aux invités de cette soirée pour qui le parterre devenait lieu de danse, de partage, presque de communion…

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Dès 20 heures, la première partie de cette soirée était confiée à un jeune groupe de Noyon, « Empire of noise », qui affirmait très musicalement cette entrée dans ce monde suramplifié…

 

 

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Au fil des minutes, la salle se remplissait et se chauffait, dans l’attente des vedettes de cette date consacrée au Métal : le groupe Sidilarsen. Les quelques nostalgiques des grands concerts de la Rotonde et les nouveaux adeptes de cette musique, devenue très lisible, n’ont pas une minute regretté le déplacement. D’entrée, Sidilarsen affichait son dynamisme à la fois dans sa musique et sa gestuelle.

IMG_6333Une ambiance de feu envahissait la salle de l’Eden, annonçant sans doute à une bonne partie du quartier que la danse et les décibels étaient de retour ce soir, dans cet ancestral lieu de rendez-vous festif, pour confirmer que le Métal conservait, voire augmentait son public dans la commune et ses environs.

IMG_6344Et la soirée se prolongeait, de titre en titre, avant un magnifique et redouté salut final, qui sera aussi la promesse d’une nouvelle date en 2015.


Tchéky Karyo et la Comédie de Picardie

 

Au contact du public pour le récit d’une fracture

 

Les Transfrontalières ouvraient les portes de la salle de l’Eden, jeudi soir, sur un spectacle pour le moins original. C’est une « presque première », à Hirson, que proposaient Jean-Luc Revol, metteur en scène, Tchéky Karyo, récitant, Edmund Hastings, Edward Lidall et Michael Foyle, musiciens : une création de la Comédie de Picardie d’après l’ouvrage « Les poètes de la Grande Guerre », de jacques Béal.

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Nicolas Auvray, directeur de la Comédie, de Picardie et Jean-Jacques Thomas ont présenté cette création.

Après une première rencontre avec les planches à Amiens, le 15 novembre, « Où donc est tombée ma jeunesse » s’est offert le cadre de la salle de l’Eden et le soutien d’un nombreux public, venu presque au contact de la scène. De la Marseillaise et de la fleur au fusil d’un été 1914 où la revanche patriotique domine, au désespoir, au froid, à la boue des tranchées, à la mort inhumaine… dans un décor toujours original, parfois surprenant, créé par l’University for the creative art de Rochester, Angleterre, le comédien et les musiciens ont déroulé le fil du temps dans un rare mélange qualitatif de poèmes et d’œuvres musicales : chansons populaires et airs de l’époque.

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L’Eden affichait salle comble

Pour passer de l’ombre à la lumière, du désespoir à la lutte pour la vie, une véritable symbiose a su naître entre les hommes, les mots, la musique et les décors… tous ces éléments jouant en faveur de l’originalité, sûrement, mais d’abord et avant tout de la vérité historique et de l’évaluation concrète de ce fou, sinistre et vaste cataclysme qui a détruit l’Europe au début du XXème siècle. Plus surprenant, encore, Tchéky Karyo, le récitant, soulignait à la fin de la représentation ce contact proche, presque fusionnel avec le public pour évoquer pourtant une fracture, celle d’abord de ce départ en chantant pour une guerre vite devenue une mangeuse d’hommes, celle ensuite de cette condition hors du temps et des êtres aimés imposée aux Poilus pendant que la vie continuait ailleurs, celle de ce désespoir où la mort elle-même n’était pas respectée ou enfin de cet espace temps où la fragilité de l’homme face à l’industrie de guerre ne lui laissait espérer qu’un temps de survie avant une fin programmée.

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Le ténor Edmund Hastings dans un répertoire d’époque

En quelques instants, effectivement, le public et la scène ont semblé, jeudi soir, ne faire plus qu’un, aidés dans cette fusion par des mots retrouvés ou une mélodie connue. Au final une masse d’applaudissements s’est partagée entre tous, pour un même plaisir consommé. Redevenus des frères d’armes le temps d’un spectacle, Français et Anglais vont partir en compagnie d’ « Où donc est passée ma jeunesse » pour une tournée dans toute la Picardie, puis l’Angleterre. Un voyage qui se promet d’être très beau.

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Au final, une masse d’applaudissements s’est partagée entre tous.

 


« De la boue sous le ciel »

 

Trois artistes au service de la mémoire, de la poésie et de la musique

 

En cette journée de mémoire du 11 novembre 2004, 96 ans avant le centenaire du « Cessez-le-feu » de la pierre d’Haudroy, s’il est possible d’évoquer, dans toute la Thiérache, une réelle multiplication des cérémonies du souvenir. Il en est une, qui, peut-être sans en avoir l’air, s’est appliquée à préserver la mémoire du Poilu, il s’agit du concert proposé mardi soir, salle de l’Eden, par François Guernier, Caroline Varlet et Rémi Cadret..

_A9C8906Dans un décor sobre, où la lumière des spots se laisse tamiser par une fumée qui anime, à elle seule, le fond de la scène, les mots assemblés dans des poèmes de Paul Verlet, Eugène Capdeville, Claire Virenque… viennent s’associer à la voix et à la musique, pour faire revivre un univers de souffrance et de peur, mais surtout, et avant tout, de vie.

A la guitare, François Guernier propose chaque œuvre dans un style original, un peu comme une histoire dans l’histoire. Avec humour parfois, avec intensité, toujours et avec le plus grand respect, des moments de vie des Poilus sont déclinés en chanson et offerts au public. A l’accordéon et au clavier, Caroline Varlet vient soutenir une image d’un triste vibrato ou éclairer un rayon d’espoir d’une note limpide du Glockenspiel. Comme le liant de ce trio, la contrebasse de Rémi Cadret apporte une surprenante réalité à l’ensemble donnant parfois, dans des tonalités graves tout le poids de la misère des Poilus ou de la boue des tranchées.

Après, pour la plupart, avoir beaucoup apprécié l’interprétation de « Le copain », « La chanson de Craonne », par François Guernier, sur la place Victor-Hugo, ou « Le quinconce des Croix » au cimetière devant l’Ossuaire roumain, ils étaient quelques 100 spectateurs à avoir souhaité prolonger cette soirée avec la musique et l’invitation de ces trois artistes dans la salle de l’Eden. Ils ont eu droit à une seconde version de ce cri de révolte d’êtres humains qui avaient été portés, dans le contexte de cette horrible guerre, aux limites du tolérable. Sans doute la raison de son interdiction, à l’époque.

_A9C8914De la qualité à l’expressivité des poèmes soutenus par un rythme et une musique tout aussi précise, de L’embusqué à Qui qu’a des poux, de L’ogresse au Copain, ou de La jeune infirmière au Calme imparfait… « De la boue sous le ciel » a souligné tout autant la lumière du soleil, que le poids de la pluie ou la tristesse de la neige, le long d’un voyage original au pays de la mémoire, du souvenir et de l’hommage. Distant aujourd’hui de près d’un siècle.


Avec la Bigarrure et « Zone rouge »

 

Le public s’élargit et reste conquis

 

Trois représentations de « Zone Rouge », ont été offertes aux élèves des collèges et écoles primaires du canton dans la salle de l’Eden. Jeudi et vendredi, ce sont plus de 450 jeunes qui ont découvert cette œuvre très originale et… en ont parlé autour d’eux et en famille… C’est du moins ce qu’ont précisé certains spectateurs, venus, samedi soir, à la suite de leurs enfants à la rencontre du théâtre de la Bigarrure et de cette pièce construite à partir de « La Peur », de Gabriel Chevallier.

IMG_6134Devant ce public d’adultes, Emile Pannechon, a retrouvé l’amitié d’Antoine, puis de Marius, dans un enfer quotidien de plus de quatre ans, dont lui seul sortira vivant. Mais, à l’image du sol de son pays, il restera marqué, à jamais, par une terrible cicatrice : la Zone Rouge. Sorte de désert, dessiné par la guerre et ces débris, qu’un siècle de retour à la vie n’a pas encore effacé..

IMG_6145A la fin de ce spectacle qui a encore affirmé, avec humour, fantaisie, en musique et avec beaucoup d’humanité, son originalité, toute la salle de l’Eden a manifesté en retour, et très chaleureusement, son plaisir.


Contes jeune public avec Sylvie de Berg

 

Quand la « bagarre » fait le cœur de l’histoire.

 

Quel peut-être le lien entre un Doudou magique, une souris, un lapin, un chat, un poulain et un poussin ? Puis, plus tard, entre un éléphant et une tortue ? Et pourquoi pas entre M. Hyène et les autres animaux de la savane ? Enfin, entre un coyote ou, au final, deux lézards affamés ? La réponse est simple offerte par les nombreux enfants, accompagnés de leurs parents, dimanche après-midi dans l’auditorium de la médiathèque de la Gare : « La bagarre ! ». Qui plus est décliné sous toutes ses formes, contre les éléments, contre les autres ou contre soi-même… Il s’agissait bien d’un combat.

IMG_6155Une autre question, comme dans toutes les histoires pointe alors avec la souris, le coyote, la tortue ou le lièvre… le bout de son nez. Comment faire vivre tous ces petits êtres, comment voyager de l’auditorium de la Gare à la Savane africaine ? La réponse vient cette fois de la conteuse elle-même. Sylvie de Berg enferme tout le monde dans sa mémoire et s’adresse à son jeune public, très vite conquis, avec le cœur. « Cela vient de là ! », répond-t-elle simplement en posant la main sur sa poitrine.

IMG_6147Du côté des enfants, l’un anticipe reprenant la chanson du raton laveur et une rime peu originale, mais rigolote, avec « béta ». L’autre attend, bouche ouverte, l’issue de cette rencontre entre le baobab ou arbre éléphant, et l’hippopotame. Tous semblent accrochés aux mots, aux images qui traversent l’espace le temps d’un claquement de main, d’un mot, ou du mouvement d’une branche du très vénérable mais très susceptible arbre.

Du Doudou magique aux lézards gourmands, ce morceau d’après midi a filé comme un rêve, dont le guide était le conte. La « bagarre » existe, il suffit de la raconter pour qu’elle ne fasse pas d’histoires. Merci Sylvie de Berg.


Zone rouge

 

« L’immense cicatrice d’un conflit inhumain »

 

Trois amis dont un « Bleuet » de la classe 1916, plus de quatre années d’une guerre inhumaine et six artistes sur scène, cent ans après, qui évoquent avec humanité, humour et musique, la « Zone rouge », ces immenses surfaces, définies après-guerre comme inaptes, à la vie, à la culture, à une simple occupation… Ces véritables et très concrètes cicatrices ne seront, à jamais, qu’un infime résumé des souffrances éprouvées par les populations.

IMG_6118Proposé par le théâtre de La Bigarrure, ce spectacle, subventionné par les communautés de communes de Thiérache, à travers le syndicat mixte du Pays de Thiérache et le programme LEADER, a ouvert gratuitement les portes de l’Eden, jeudi matin, à de nombreux scolaires. Il en sera de même jeudi après-midi et vendredi, toute la journée, avant une soirée ouverte au grand public ce samedi.

IMG_6114Evoquer le temps d’un spectacle un conflit de plus de quatre ans, résumer, en si peu de temps, la valeur d’une vie, l’attachement à une famille, une souffrance partagée au quotidien, par une seule partie de la population, même majoritaire… le défi pouvait paraître de taille. D’après « La peur », de Gabriel Chevallier, le théâtre de la Bigarrure, avec Thierry Jahn et ses comédiens, semblent l’avoir parfaitement relevé. Dans un décor original, parfois avec humour, tantôt en musique, mais toujours avec justesse, dignité et discrétion, de la contrainte du quotidien, aux énormes défis auxquels chacun est confronté et doit relever, ces artistes inscrivent leur démarche dans une qualité, une justesse et une humanité surprenantes.

IMG_6111Un autre rendez-vous original est fixé avec le centenaire de la Grande-Guerre, ce samedi, à 20 h 30, salle de l’Eden.


Kit Armstrong et son piano au milieu des tombes allemandes.

 

« Un splendide hymne à la vie et la paix »

 

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Samedi, à Hirson, sous un temps d’abord clément en ce début de soirée, les quelques 500 spectateurs qui se sont massés sous les chapiteaux, devant la stèle du cimetière allemand et le piano de concert de Kit Armstrong ont sûrement été surpris par ces traînées de lumières qui s’alignaient dans le respect des tombes. Elles semblaient de façon surprenante, matérialiser des lignes de vie.

RA9C5915« Mille trois cent un soldats allemands auxquels il faut ajouter presque deux cents corps inconnus, deux cent quarante cinq Russes, deux cent soixante quinze Roumains, un Finlandais, trois cent cinq militaires français, trente deux victimes civiles… » en quelques mots, Jean-Jacques Thomas, maire d’Hirson soulignait l’ampleur de la catastrophe humaine qu’a été la première guerre mondiale et accueillait ce large public dont une délégation de la ville jumelée de Schramberg. Il annonçait le programme d’une soirée placée sous le signe de la vie et de la paix.

RA9C5961Les explosions, les fumées les flammes envahissaient ensuite l’horizon des spectateurs… La fureur, la violence, la folie des hommes servaient le cadre d’une trêve symbolisée par la poignée de main de deux soldats, l’un Français, l’autre Allemand, venus solliciter Kit Armstrong pour sublimer cette soirée en un exceptionnel concert pour la vie et la paix.

RA9C5978Quelques mots de présentation du jeune artiste, d’abord en français, puis en allemand, confirmèrent le public dans cette ambiance à la fois douce, poétique, charmante et surprenante, dans ces lieux terribles…

Sous les doigts de l’artiste les six danses roumaines de Bela Bartok, les visions fugitives de Sergei Prokofiev, le menuet et le rigaudon du tombeau de Couperin de Maurice Ravel… reprirent vie sous un ciel qui venait soudain souffler, sur cette soirée, une autre surprenante puissance.

Bissé par un public complètement conquis, Kit Armstrong confiait à un prélude de Bach l’achèvement de ce concert qualifié de rare par nombre de personnes venus après les dernières notes à la rencontre de leur artiste.

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Les Orgues de l’Aisne en concerts

 

« Un instrument très doux au service de l’humanité ».

 

RA9C6626Pour Carolyn Shuster-Fournier, organiste titulaire de l’orgue de chœur de la Trinité, à Paris, et Anne-Chantal Carrière, soprano, ce concert en Thiérache, en compagnie de l’orgue Augustin Brisset était une première.
Une première dont les deux artistes souhaitent se souvenir. « Dans un contexte localement très impressionnant d’activités et de manifestations culturelles, sur cet instrument très doux parfaitement adapté à l’église, réalisé par un facteur de Reims, nous avons construit un programme dans les racines de la Première guerre mondiale : celles du conflit de 1870 », ont résumé Carolyne Shuster-Fournier et Anne-Chantal Carrière

Pour cette nouvelle étape dans l’église Notre-Dame d’Hirson, du circuit des orgues Axonais, proposé par Jean-Michel Verneige et la Fédération des Amis des orgues de l’Aisne, en collaboration avec les Amis de l’orgue Augustin Brisset, les quelques 150 mélomanes composant le public ont pu ouvrir les portes de styles musicaux très différents, mais reliés par un même thème : « Au nom de la liberté et de la paix ».

RA9C6681L’orgue ouvrait ce concert de façon héroïque, avec un extrait des Trois pièces de César Franck (1878). La voix de Soprane valorisait ensuite toute la mélodie de l’Ave verum de Léon Boëllmann (1883)… Gabriel Fauré prolongeait ce thème, autour de la vierge, dans l’église Notre-Dame (1890). Puis les prières d’André Caplet (1918), ancien combattant mort des suites d’une exposition aux gaz, avant Fernand de la Tombelle, l’organiste qui a inauguré l’instrument de la cathédrale de Laon , et Les Angelus (1929), et un triptyque pour voix et orgue sur un poème de Jehan Le Povre Moyne de Louis Vierne, relatant les trois âges de la vie. Le final du même auteur (1899), sollicitait tous les jeux de l’instrument, exceptionnellement valorisés, avec les mêmes motifs de la pièce héroïque de César Franck.

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Conquis et sous le charme, le public a ovationné les deux interprètes.